
Можно ли лицезреть?
Тулуза, Франция
Владелец известен, а выставлена ли она сейчас — неизвестно.
Cette tête de Vénus, déesse de la beauté et de l'amour, dérive de l'Aphrodite de Cnide, premier nu féminin de l'histoire de l'art grec créé par Praxitèle, au milieu du IVe siècle avant notre ère. L'oeuvre en marbre de Paros (Lychnites), s'arrête au sommet de la poitrine et au départ de l'épaule gauche : l'arrière de ces parties forme un bouchon d'encastrement. Ce morceau choisi, aujourd'hui isolé, était peut-être inséré dans le corps d'une statue. La renommée de l'oeuvre se fixa rapidement sous l'appellation de "Vénus de Martres", comme pour mieux répondre à la notoriété d'autres Vénus admirées de la civilisation gréco-romaine.
Le comte de Clarac la compara aux Vénus Médicis, d'Arles et de Milo, références suprêmes en cette première moitié du XIXe siècle néo-classique mais il fallut attendre son exposition à Paris en 1867 pour que son art fût attribué à Praxitèle (Fernand Pagès, "La Vénus de Martres", in Revue archéologique du Midi de la France, vol. II, 1867, p. 50-52) et quelques temps encore avant qu'elle figurât comme l'une des répliques de la célèbre Aphrodite de Cnide. La tête de Martres, projetée vers l'avant, vient rappeler la douce inclinaison de la Vénus cnidienne. Son chignon haut placé dégage la gracieuse ligne arrière d'un cou qui laisse imaginer la rondeur du dos. Il rassemble les longues mèches ondulées d'une chevelure divisée par une raie médiane et qu'une double bandelette lisse enserre, décrivant deux lignes parallèles autour du crâne.
Au flou des cheveux, à peine distingués de la masse de marbre, s'oppose la netteté du visage, régulièrement dessiné (si l'on excepte une légère dissymétrie des yeux), soigneusement modelé, puis poli avec autant de finesse. Cet équilibre, essence du classicisme, est parfois poussé jusqu'à une extrême rigueur - sinon froideur et détachement - dans certaines répliques. Aujourd'hui, la tête Kaufmann est souvent donnée à voir comme une Aphrodite de Cnide réinterprétée à l'époque hellénistique. Découverte à Tralles, en Asie Mineure, elle est datée du IIe siècle av. J.-C. (A. Pasquier, La Vénus de Milo et les Aphrodites du Louvre, Paris, Réunion des musées nationaux, 1985, p. 58-59). La Vénus de Martres en est bien proche, mais sa datation n'a pu être établie avec certitude. Frappé par sa qualité, Fabrizio Slavazzi (Italia verius quam provincia.
Diffusione e funzioni delle copie di sculture greche nella Gallia Narbonensis, Pérouse, Edizioni Scientifiche Italiane, 1996, p. 186-187) a suggéré le milieu du Ier siècle de notre ère et un atelier actif dans la partie orientale de l'Empire. La commande serait donc d'époque impériale. Vint-elle de Chiragan ou cette oeuvre ne fut-elle acquise pour ce lieu que bien après sa réalisation ? ;