Plaque de chancel, 8e siècle, 9e siècle

Plaque de chancel

Sculpture

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Where is “Plaque de chancel” now? Collection: Musée Saint-Raymond, musée d'Archéologie de Toulouse, Toulouse. Unknown.

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La hauteur de la plaque, qui est bien celle d'un parapet, suggère son appartenance à une clôture liturgique ou chancel d'église, comme il en existe encore en place de nombreux exemples en Italie. Qu'elle ait servi à limiter un choeur ou de garde-corps à un ambon, cette dalle sculptée évoque un aspect bien méconnu de l'évolution monumentale de Toulouse : celui de ses églises de la période carolingienne. Sans doute ici s'agit-il de sa cathédrale, étant donné le lieu de découverte. Mais l'oeuvre ne saurait nous dire si elle est la marque d'un simple réaménagement d'une église antérieure - de l'Empire romain, wisigothique ou mérovingienne - ou d'une reconstruction du temps de Charlemagne ou de ses successeurs.

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Il faut certainement reconnaître un bas et un haut au décor de cette plaque, sens qui commande toute la composition et trahit la lointaine source d'inspiration - l'antiquité classique - du sculpteur. Le premier enroulement, en bas, semble naître d'une plante dont l'enracinement n'est guère perceptible. Le second naît d'un entrelacs avec le premier. Les deux paraissent imiter, en la simplifiant, l'organisation d'un pilastre à rinceau romain. Mais la spirale végétale interne est remplacée par la croissance démesurée des fleurons qui deviennent de grandes rosaces à treize pétales. Cercles et rayonnements géométrisent fortement les motifs d'origine plus libres et naturalistes. Dans l'ordre classique, au pilastre était superposé le chapiteau. Ici, ce dernier est intégré dans le même encadrement que le pilastre : ses feuilles et volutes en occupent le haut.

À une stricte hiérarchisation architecturale se substitue donc un décor synthétique, sculpté assez sommairement selon un relief semi-méplat. À l'intérieur de son cadre rectangulaire, il ne laisse subsister que peu d'espace vide, privilégiant les motifs tracés au compas et l'entrelacs. On les retrouve sur un autre élément de marbre, fragmentaire, réutilisé pour graver au XIIIe siècle l'épitaphe d'un chanoine dans le cloître de la cathédrale. Sur deux autres, remployés à la même époque et dans le même lieu, l'entrelacs devient le seul ornement, suivant un goût qui ne cessa d'alimenter la peinture des manuscrits, dans les scriptoria, du VIIe au XIe siècle. Avec ces trois fragments, la plaque complète exposée ici témoigne d'un art connu par ailleurs dans le Midi de la France, où il s'est répandu à partir de l'Italie du Nord et de la Provence. Daniel Cazes, 2005.

Musée Saint-Raymond, musée d'Archéologie de Toulouse

Details

Accession number
Ra 1009 d ; RA 1009 D (Numéro au musée des Augustins) ; Recueil..., n° 149 (Ancien numéro) ; M.A. 1009 d (Ancien numéro)

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Sources

From the collection of Musée Saint-Raymond, musée d'Archéologie de Toulouse

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