
Mag men het zien?
Toulouse, Frankrijk
De eigenaar is bekend; of het werk nu te zien is, is onbekend.
Le lion est rarement absent des visuels évoquant cette cité. Est-ce une facilité ? Roger Broders succombe lui aussi à cet argument en présentant ici une divinité mythologique appuyée sur le roi des animaux, car ne lit-on pas sur le bandeau au bas de l'affiche que la foire est réunion mondiale ? L'animal de face et rugissant s'adresse à nous, donnant vigueur et force à cette composition. Broders a l'audace des couleurs puisque le fleuve coule d'une eau puissamment jaune, à l'instar de la teinte du ciel, en complément chromatique au bleu qui est partout sauf dans l'eau. La démarche semble toute picturale, comme portée par le fauvisme ou autre expressionnisme relevant des courants artistiques du temps. L'artiste déploie alors un échelonnement de nuances allant du bleu métal au gris perle.
En effet, au premier plan nous voyons le groupe sculpté où un géant du fleuve arbore la diagonale d'une musculature idéale. Puis vient le pont dont le dispositif de pierres fait d'étraves et d'arcades assoit l'idée de force. Ensuite et selon un subtil dégradé de gris, la ville se distingue. Enfin à l'horizon supérieur, tel un amer qui se perd, la basilique de Fourvière, le Montmartre lyonnais, comme un clin d'œil à la Bonne Mère Marseillaise que Broders a si souvent placée en haut de ses affiches. Broders affirme ici la maîtrise de ses travellings visuels domptant notre regard. En effet dans ce plan fixe, nos yeux prennent appel comme depuis un plongeoir placé au premier plan, puis quittent la rive pour souplement gravir par strates successives, le relief de la ville. MATOU, Roger Broders affiches 1920-1932, Art & Caractère, 2017, 142 p.
Musée des arts précieux Paul-Dupuy