Théodore GéricaultFrance, 1791–1824Le radeau de la Méduse
Peut-on la voir ?
Oui, exposée actuellement
Où est « Le radeau de la Méduse » aujourd’hui ? Musée du Louvre, Salle 700, Aile Denon, Niveau 1, Paris. Oui, exposée actuellement. Vérifié 26 septembre 2026.
Fermé· ouvre à 9:00
Présentée au public.
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À propos du tableau
Le Radeau de la Méduse est une peinture à l'huile sur toile, réalisée de 1818 à 1819 par le peintre et lithographe romantique français Théodore Géricault (1791-1824).
Son titre initial, donné par Géricault lors de sa première présentation, est Scène d'un naufrage. Ce tableau, de très grande dimension (environ 5 m de haut pour 7 m de large), représente un épisode tragique de l'histoire de la marine coloniale française: le naufrage de la frégate Méduse. Celle-ci est chargée d'acheminer le matériel administratif, les fonctionnaires et les militaires affectés à ce qui deviendra la colonie du Sénégal. À la suite d’une erreur de navigation, elle s'échoue le 2 juillet 1816 sur un banc de sable, un obstacle bien connu des navigateurs situé à une soixantaine de kilomètres des côtes de l'actuelle Mauritanie.
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La quasi-totalité des passagers et de l’équipage quitte l’épave le 4 ou le 5 juillet en embarquant sur quatre canots, deux chaloupes et un grand radeau de fortune construit à la hâte: au moins 147 personnes se maintiennent à la surface de l'eau sur ce radeau qui est abandonné en pleine mer par les six autres embarcations pourtant censées le remorquer; seules quinze personnes sont secourues douze ou treize jours plus tard, le 17 juillet, par l'Argus, un brick revenu en direction de l’épave; les autres sont mortes sur le radeau et ont été jetées à la mer après avoir enduré la faim, la déshydratation, la folie et même l'anthropophagie. À bord de l'Argus, cinq des survivants meurent néanmoins en route, ou peu après leur arrivée à Saint-Louis.
L'événement devient un scandale d'ampleur nationale en France, en partie parce qu'un capitaine français servant la monarchie restaurée depuis peu est jugé responsable du désastre, en raison de son incompétence.
Le Radeau de la Méduse présente une certaine continuité avec les courants picturaux antérieurs au romantisme, notamment dans le choix du sujet et le caractère dramatique de la représentation, mais rompt de manière nette avec l'ordre et la quiétude de la peinture néo-classique. En choisissant de représenter cet épisode tragique pour sa première œuvre d'importance, Géricault, âgé de 27 ans, a conscience que le caractère récent du naufrage suscitera l'intérêt du public et lui permettra de lancer sa jeune carrière. Cependant, l'artiste s'est également pris de fascination pour cet événement et réalise ainsi d'abondantes recherches préparatoires et plusieurs esquisses avant d'entamer la création du tableau. Il rencontre en effet deux des survivants de la catastrophe, construit un modèle réduit très détaillé de la structure du radeau et se rend même dans des morgues et des hôpitaux afin de voir de ses propres yeux la couleur et la texture de la peau des morts ou des mourants.
Ainsi que Géricault le pressent, le tableau provoque la controverse lors de sa première présentation à Paris, au Salon de 1819: certains s'en font les ardents défenseurs, tandis que d'autres le fustigent immédiatement. Peu après, l’œuvre est exposée à Londres, ce qui achève d'établir la réputation du jeune peintre en Europe. Aujourd'hui, cette œuvre compte parmi les plus admirées du romantisme français et son influence est perceptible dans les créations de peintres comme Turner, Delacroix, Courbet ou encore Manet. Le tableau, qui souffre d'un assombrissement irréversible dû à un apprêt au bitume de Judée ou à une huile rendue trop siccative par un ajout abondant d'oxyde de plomb et de cire, est conservé au musée du Louvre, qui l'avait acheté à un ami de l'artiste peu après la mort prématurée de ce dernier en 1824.
Notice
- Numéro d’inventaire
- INV 4884
Au catalogue
Sources
- Musée du Louvre
- Image : Musée du Louvre — © 2015 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado
Dans la vie de Théodore Géricault
La vie entière1816–1817
Naples and Rome: the shock of Michelangelo
Géricault visited Naples, drawing the landscapes and people, but spent most of his time in Rome. The frescoes of the Sistine Chapel shook him: Michelangelo's monumentality of form inspired his pen drawings, such as “Man Felling a Bull”, among the most interesting made in Rome.
autumn 1817
The book on the wreck of the Méduse reaches Géricault
In the autumn of 1817 the book “The Wreck of the Frigate Medusa” appeared, in which the eyewitnesses, the geographer-engineer Alexandre Corréard and the physician Henri Savigny, described the thirteen-day drift of the raft after the ship ran aground off the coast of Mauritania. The book reached Géricault, who saw in it the subject for the large painting he had long dreamed of.
1817–1818
Investigating the disaster: survivors, a model raft, morgues
Géricault re-created the event by studying the available materials and meeting witnesses: he got to know Corréard and Savigny, a carpenter from the Méduse made a scale model of the raft for him, and the artist modelled wax figures himself. He visited hospital morgues, drawing dead heads, emaciated bodies and severed limbs, and the preparation ended with a trip to Le Havre, where he painted studies of sea and sky.
1819
“The Raft of the Medusa” sparks a political controversy at the Salon
When first exhibited at the Paris Salon of 1819, “The Raft of the Medusa” ignited political controversy: it indicted a corrupt establishment, in which the captain had left the crew and passengers to die, but also dramatized the eternal struggle of man against nature.
12 June – 30 December 1820
London: 50,000 visitors and 20,000 francs
The entrepreneur Bullock exhibited “The Raft of the Medusa” in London from 12 June to 30 December 1820; about 50,000 people saw it, critics called it a masterpiece, and its author was compared to Michelangelo and Caravaggio. Géricault was entitled to a third of the ticket receipts and received 20,000 francs.
1821–1824
Illness and falls from horses after his return from England
After returning to Paris from England Géricault was often ill, and his condition was made worse by several falls during horseback rides.

