
Peut-on la contempler ?
Dijon, France
Le propriétaire est connu. Si elle est exposée aujourd’hui, le musée ne le dit pas, et l’on ne nous a pas appris à deviner.
Calcaire (pierre d'Asnières ?) ; Découverte fortuitement en 1963 dans la salle des moines, située dans l’aile orientale du grand cloître de l’ancienne abbaye Saint-Bénigne, la sculpture fut mise au jour à l’occasion de travaux dans le musée archéologique. Un « coup de pioche » révéla ce Christ de calvaire mutilé, accompagné de plusieurs fragments (bras, mains, cuisse droite, éléments de croix). L’œuvre fut reconstituée par collage, avec une restitution partielle de la croix en calcaire et un remodelage du nez. Le Christ, adossé à la croix, incline la tête à dextre dans une attitude d’abandon. Les bras, légèrement relevés, sont cloués, les mains à demi fermées. Le modelé du corps est soigné et précis, tandis que le visage, encadré d’une chevelure ondulée, exprime une certaine sérénité, sans tension dramatique.
Seule la plaie du flanc droit rappelle explicitement les souffrances de la Passion. Pierre Quarré mit en évidence des affinités stylistiques avec le corpus des œuvres attribuées à Claus de Werve. Il souligna notamment la douceur d’expression, ainsi que des similitudes dans le traitement du visage, de la chevelure et du périzonium, en particulier avec le Christ conservé à Langres. La sculpture pourrait dater des années qui suivent l’achèvement du tombeau de Philippe le Hardi (vers 1410), dans un contexte de liens renouvelés entre la chartreuse de Champmol et l’abbaye Saint-Bénigne. Les Bénédictins avaient peut-être voulu ériger un nouveau calvaire. Son emplacement nous est inconnu mais l'érosion de la pierre témoigne qu'il fut placé à l'extérieur : le grand cloître apparaît ainsi comme un lieu probable, sur le modèle chartreux, mais aucun texte ni dessin ne viennent étayer cette hypothèse formulée par Pierre Quarré.
Musée archéologique de Dijon