
Louis-Eugène Le Roux1833–1905¿Se puede contemplar?
Martigues, Francia
Se sabe quién es el propietario. Si hoy está expuesta, el museo no lo dice, y a adivinar no nos enseñaron.
Publiée en 1846 dans la série des Artistes contemporains de Bertauts, cette lithographie traduit, en sens inverse, un tableau acheté la même année par le duc d'Hertford, aujourd'hui dans la Wallace collection, représentant les sorcières décrites par Shakespeare dans Macbeth, au moment où elles apprennent au héros son destin. Elle témoigne, avec bien d'autres estampes, du goût de Ziem pour l'un de ses contemporains les plus en vue. Alexandre-Gabriel Decamps, qui est, à coté de Rembrandt et du Lorrain, l'artiste le mieux représenté dans sa collection. Celle-ci comprend, outre des planches originales portant son monogramme, de nombreuses interprétations de ses tableaux, évoquant son activité dans le domaine de la peinture d'histoire, mais aussi ses scènes de genre et représentations animalières.
Les Sorcières de Macbeth est l'œuvre d'Eugène Le Roux, collaborateur habituel - avec Louis Français, Adolphe Mouilleron ou encore Célestin Nanteuil - des publications menées par Bertauts. Né à Caen en 1833, il fut l'un des interprètes privilégiés de Decamps, et Ziem possédait également de sa main, d'après le peintre. Les Poules et Le Suicide. Son talent de lithographe, également exprimé dans des traductions d'artistes comme Théodore Géricault et Pierre Paul Prud'hon, se lit dans la façon dont il parvient à restituer l'atmosphère nocturne d'un sujet éminemment romantique qui avait fourni à Delacroix le motif de l'une de ses meilleures planches en 1825.
La composition de Decamps, si elle s'attache elle aussi à l'évocation d'une atmosphère fantastique, qui repose en grande partie sur les flammes du chaudron autour duquel s'activent les trois lemmes, dont les éclats vifs sont rendus au grattoir - Le Roux allant retrouver les blancs dans l'épaisseur des couches de crayon -, s'avère toutefois bien plus pittoresque et moins dramatique que celle de son prédécesseur. Là où Delacroix met en avant l'intensité du moment, l'enjeu crucial de la révélation de l'avenir. Decamps insiste en effet surtout sur le décorum et multiplie les détails triviaux, comme ceux du balai ou du crapaud précipité dans le chaudron. Macbeth est d'ailleurs absent de cette composition très remplie, dont l'agencement s'accorde assez bien au goût du peintre pour les scènes de genre hollandaises.