
Darf man es sehen?
Dijon, Frankreich
Der Eigentümer ist bekannt. Ob es heute ausgestellt ist, sagt das Museum nicht, und Raten haben wir nicht gelernt.
Calcaire ; L'œuvre présente dans sa partie médiane, un lit d'attente ; un bloc de pierre devait être posé à cet endroit et taillé de façon à assurer, plus haut, l'écoulement des eaux pluviales. En effet, l'extrémité opposée au singe conserve le départ d'un canal d'écoulement semblable à celui qui lui fait pendant. Du même côté se remarquent également des traces d'arrachement de la pierre qui correspondent aux membres postérieurs d'une figure-gargouille disparue. Identifiée à tort à une potence de puits, cette oeuvre fragmentaire révèle qu'elle était posée au sommet d'un mur extérieur de part et d'autre duquel dépassaient deux gargouilles dont une seule subsiste : ce singe représenté dans une position pour le moins "contournée". Niché dans une gangue, l'animal plaque vigoureusement sa nuque contre la muraille.
Il replie énergétiquement son corps - membres postérieurs rejetés en arrière - pour exhiber l'anus qu'il maintient ouvert de sa patte antérieure gauche, l'écoulement des eaux pluviales se faisant par cet orifice. Le membre postérieur gauche est plaqué contre le côté du torse et son extrémité s'appuie sur l'épaule correspondante. En revanche, le membre opposé s'éloigne légèrement du tronc pour prendre appui sur la pierre contre laquelle la créature est adossée. La bête est dotée d'un corps bien trop long proportionnellement au volume de la tête et d'une face carrée, rendue grotesque par des yeux enfoncés, cernés de larges sillons et un front épais parcouru de profondes rides ondées.
Le traitement caricatural de la face et celui, anthropomorphique, du corps donnent à cette figure un caractère irréel et inquiétant conforme à l'esprit des représentations des vices et des péchés que sont les gargouilles à la fin du Moyen Age. Ce caractère monstrueux est renforcé par des épaules exagérément larges et rondes. Enfin, les muscles trapèzes étirés, les grosses rides du front et les plis épais de la poitrine suggèrent l'effort du singe qui, par ailleurs, porte sur le sommet du crâne un petit objet sphérique de nature indéterminée et percé d'un trou qui le traverse de part en part. Ici, outre l'indécence du geste, l'obscénité de l'animal est accentuée par l'importance d'un sexe flasque qui s'étale sur le bas-ventre. A en juger par l'arrachement de la pierre sur la partie inférieure de la face, l'animal portait à l'origine sa main droite à sa bouche.
Ce geste propre à l'expression du scandale souligne encore l'obscénité du singe. Dans l'église de Joux-la-Ville, dans l'Yonne, un culot datant du XVe siècle est décoré d'un singe dont le geste indécent est identique à celui du nôtre. Le style fruste de la gargouille du Musée archéologique s'explique par le fait que sa localisation élevée imposait une sculpture très expressive, aux caractères outrés, mais non nécessairement soignée. Le sujet, un singe obscène, est le principal élément de datation de l'œuvre. Apparu au début du XVe siècle, il devint très populaire dans la seconde moitié de ce siècle, période à laquelle semble appartenir cette gargouille. (Véronique Boucherat) (JANNET Monique et JOUBERT Fabienne (dir.), Sculpture médiévale en Bourgogne - Collection lapidaire du Musée archéologique de Dijon, EUD, 2000)
Archäologisches Museum Dijon