
Cuve de sarcophage paléochrétien
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Unbekannt
Wo ist „Cuve de sarcophage paléochrétien“ heute? Sammlung: Museum Saint-Raymond, Toulouse. Unbekannt.
Toulouse, Frankreich
Der Besitzer ist bekannt; ob das Werk derzeit ausgestellt ist, nicht.
- Unverändert seit
- Quelle
- Das Museum
Über die Skulptur
In den Worten des Museums — auf Französisch
Les extrémités latérales de la cuve sont à peine inclinées. À l'intérieur, on notera les renforts d'angle laissés lors du creusement du bloc. Ils sont caractéristiques des sarcophages du sud-ouest de la France. La face antérieure est divisée en sept panneaux par des colonnes dont l'arrondi est à peine suggéré. Celles-ci sont posées sur des bases et portent des chapiteaux corinthiens sommairement sculptés. Chaque panneau est occupé par une niche à fond légèrement incurvé. Au-dessus de ces niches alternent des arcs plein-cintre en débord sur les piédroits (d'un type que l'on retrouve sur un morceau de sarcophage de Narbonne et sur un sarcophage de la cathédrale de Rodez : voir Briesenick, op. cit. ci-dessous, p. 180, n° 374, pl. 92, et p. 219-220, n° 470, pl. 112) et des arcs en accolade dont le sommet est marqué par une sorte de feuille de lierre pointée vers le haut.
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Dans tous les cas, les écoinçons sont ornés de doubles volutes. Ce cadre architectural complexe semble s'inspirer de décors picturaux romains. Les mêmes effets illusionnistes s'en dégagent. La niche centrale est occupée par le Christ, debout, représenté en togatus, la main droite placée à l'avant de sa poitrine et tenant de la main gauche abaissée un volumen. Jeune, imberbe, encadré d'une longue chevelure, le visage fait face. À gauche du Christ est un personnage qui le regarde, la tête chevelue et barbue de profil, élevant son bras droit dans un geste oratoire ou d'acclamation. Il s'agit certainement de Pierre. À la droite du Christ est un autre homme, sans doute saint Paul, qui dirige aussi ses regards vers lui, porte sa main droite à son menton et tient un rouleau de sa main gauche.
À ce groupe central, essentiel, il faut ajouter, de part et d'autre, d'autres apôtres conversant deux à deux. À gauche, l'un d'eux tient un rouleau qu'il vient probablement d'extraire d'un scrinium (coffret où l'on rangeait les écrits) placé à ses pieds. À droite, un autre a déroulé son texte et semble le lire ou le commenter tandis que son voisin paraît accompagner son discours de ses mains. On aura reconnu, au centre, une variante du thème romain de la Traditio Legis : la remise solennelle de la nouvelle Loi à saint Pierre, par le Christ lui-même. La deuxième grande figure des débuts de l'Église romaine, Paul, est là comme témoin et destinataire aussi du message qu'il répandit avec tant d'ardeur à travers le monde méditerranéen. C'est bien sûr cette même doctrine que les autres apôtres (ils ne sont que quatre sur ce sarcophage) commentent de façon très vivante.
Cette iconographie est fréquente à Rome dans la deuxième moitié du IVe siècle, à un moment où l'Église romaine, triomphante, va bénéficier de mesures favorables prises par Théodose (fermeture des temples et interdiction du culte païen en 391-392). Sur le petit côté de gauche, le sculpteur a représenté Abraham vêtu d'une courte tunique, s'apprêtant à sacrifier son fils Isaac sur l'emmarchement d'un autel (Genèse, XXII, 1-19). La partie gauche de la scène a disparu, mais le visage d'Abraham tourné vers l'arrière permet d'imaginer l'intervention d'un envoyé divin. Celui-ci surprend habituellement Abraham et arrête son bras tenant un couteau. À droite, apparaît la tête de l'animal qu'Abraham va sacrifier à la place d'Isaac. Symbole de l'épreuve envoyée au croyant par Dieu et paradigme du Salut, cette image est courante dans les peintures funéraires des catacombes romaines.
Le deuxième petit côté a été cassé. Il ne reste qu'un fragment de son décor : le départ d'un cep de vigne dont le symbolisme - riche allégorie de l'Évangile de Jean (XV, 1-11), qui fait dire au Christ : "Je suis la véritable vigne et mon père est le vigneron... et vous en êtes les rameaux". - est plus que probable dans le contexte signifiant des deux autres faces sculptées. Cette vigne envahit alors bon nombre de sarcophages du Sud-Ouest, accompagnée d'autres végétaux stylisés. Ce sarcophage est l'un des plus intéressants parmi toute une production dont on verra les créations les plus nombreuses à Toulouse (Saint-Sernin, Musée Saint-Raymond, Institut Catholique), Narbonne, Bordeaux. Il porte une sculpture funéraire de l'extrême fin du IVe siècle ou du siècle suivant reprenant un schéma iconographique romain qui correspond à l'esprit d'un temps bien déterminé.
L'oeuvre traduit aussi une rupture dans l'évolution de la plastique romaine, que l'on retrouverait à pareille époque à Marseille ou à Tarragone. Le haut-relief des sarcophages du IVe siècle de Rome ou d'Arles est ici remplacé par un art plus schématique du bas-relief, parfois empreint de maladresse (sacrifice d'Abraham) mais non moins suggestif par l'illusionnisme réussi de la face principale et la sauvegarde des principales valeurs de l'esthétique classique. Enfin, contrairement à ce qui parfois a été écrit, cette oeuvre démontre que les ateliers de sculpteurs du Sud-Ouest ont produit en même temps, et souvent sur les mêmes sarcophages, les décors figurés et végétaux. Daniel Cazes
Museum Saint-Raymond
Angaben
- Inventarnummer
- Ra 809 a ; RA 809 A (Numéro au musée des Augustins) ; Recueil..., n° 158 (Ancien numéro)
Was es zeigt
Im Katalog
Quellen
- Museum Saint-Raymond
- Bild: Museum Saint-Raymond — © Daniel Martin, CC BY-SA; Ministère de la Culture (France), base Joconde







