
Må man se det?
Toulouse, Frankrig
Ejeren er kendt; om værket er udstillet i dag, vides ikke.
En 1609, on crut avoir trouvé le temple de Minerve, dans une situation des plus curieuses : au milieu de la Garonne, environné d'eau, sur l'emplacement de la chaussée du Bazacle ! En fait, celle-ci avait été bâtie en remployant quantité d'éléments lapidaires arrachés à divers monuments antiques. Beaucoup d'entre eux ont aujourd'hui disparu ; d'autres, très usés par les eaux, sont dans les réserves du musée et l'on portera surtout son attention sur le plus connu : un bloc de marbre dont le haut-relief représente deux Amazones au combat. À droite, la première est vêtue d'un chiton serré à la taille par une ceinture, dont l'étoffe adhère au corps et se soulève vers le bas au cours de l'action. Le sein droit est dénudé. De son bras gauche élevé, elle se protège derrière un bouclier-pelte. Du droit abaissé, elle tient une épée dont le type lancéolé appartient au monde grec.
À gauche, la seconde Amazone est prise dans une ample draperie qui s'agite et s'envole. De sa main gauche, elle saisit vigoureusement la chevelure d'un homme terrassé. Celui-ci est vêtu d'une chlamyde rejetée sur le dos et se défend de son bras gauche levé. L'Amazone s'apprête à le frapper d'une arme tenue du bras droit. Les qualités monumentales de la sculpture, pleine d'animation et dont les figures sont cernées d'une rainure qui le détache du fond, sont évidentes. Il faut restituer au moins trois blocs superposés tels que celui-ci pour que la scène soit complète, constituant un relief d'environ 1,80 m de haut, les personnages étant à peu près de grandeur naturelle. La lutte des héros grecs (le plus souvent Hercule, Thésée et leurs compagnons) et des Amazones est l'un des sujets de prédilection de la sculpture grecque classique des Ve et IVe siècles av. J.-C.
Les frises du temple de Phigalie-Bassae (fin du Ve siècle av. J.-C.) ou du mausolée d'Halicarnasse (vers 353 av. J.-C.) en sont des exemples célèbres. Le thème rappelait la victoire des Grecs civilisés sur les peuples barbares du Nord et de l'Orient, dont les sauvages Amazones étaient l'image. Rome le reprit à son compte : est significatif le transfert, autour de 30 av. J.-C., dans le tympan du temple d'Apollon Sosien, d'un groupe d'iconographie semblable sculpté pour un temple grec des années 450-425 av. J.-C. Ces figurations métaphoriques furent fréquemment utilisées par la propagande augustéenne après la bataille d'Actium (31 av. J.-C.). Le morceau toulousain s'inscrit probablement dans ces perspectives idéologiques et politiques : son appartenance à l'un des monuments majeurs - un temple ?- de la ville antique ne fait aucun doute. Daniel Cazes
Musée Saint-Raymond, musée d'Archéologie de Toulouse